Intérêts de l’électrostimulation dans le sport

Auteur : Laboratoire LESCUYER

Qu’est ce que l’électrostimulation peut apporter aux sportifs ?
Par Pascal ADAM - Enseignant en électrothérapie

Qu’est ce que l’électrostimulation ?

Après avoir fait ses preuves pour des indications médicales de plus en plus nombreuses, c’est à partir des années 90 que l’électrostimulation a été adoptée par l’encadrement des sportifs de haut-niveau pour compléter leur préparation physique ou accélérer leur récupération après les compétitions ou les entraînements intensifs.

Très loin des séances de torture dont se rapprochaient les courants russes du Professeur Kots dans les années 60, les courants modernes et de qualité utilisés aujourd’hui, permettent d’imposer des contractions musculaires proches de la force maximale de façon tout à fait tolérable. Les stimulateurs « Sport » de la gamme COMPEX permettent de répondre aux besoins des sportifs de tous niveaux qui cherchent à améliorer soit leur niveau de performance, soit leur plaisir dans la pratique d’une activité de loisir.

L’amélioration de la récupération

Sans doute le plus utilisé et le plus apprécié par les sportifs, le programme « Récupération active » utilise l’ensemble des basses fréquences, de façon décroissante, dans une succession de séquences durant chacune 2 à 3 minutes. Les bénéfices sont un effet drainant par une augmentation du débit sanguin (9Hz – 7Hz), un effet antalgique par augmentation de la production des endorphines (6Hz – 4 Hz) et un effet décontracturant pour les fréquences les plus basses (3Hz – 1Hz).

L’élimination des différentes toxines qui engorgent les muscles après l’effort associée à la relaxation de la musculature permettent d’accélérer la restauration des propriétés musculaires et de réduire considérablement la survenue des courbatures toujours indésirables !

Le programme « Récupération active » doit être utilisé dans les 3 heures qui suivent l’arrêt de l’effort et sur les muscles les plus sollicités lors du sport ou de l’activité pratiquée.

Le complément de la préparation physique musculaire

De façon complémentaire aux entraînements volontaires, le sportif peut utiliser l’électrostimulation pour améliorer ses qualités musculaires de manière spécifique à sa discipline. Dans ce but, il dispose de 4 types de programmes qui répondent aux caractéristiques physiologiques des 4 qualités de base de la condition physique : endurance, résistance, force, et force explosive.

Les programmes « Hypertrophie » sont nettement orientés vers la prise de masse musculaire qui peut être un objectif important pour certains sports de contact ou dans un but esthétique.

D’une façon générale, ces programmes sont à appliquer sur les muscles ou groupes musculaires les plus impliqués dans la discipline et à raison de 3 séances par semaine pendant la période de préparation d’avant-saison.

Au cours de la saison sportive, l’utilisation sera allégée avec une seule séance par semaine voir tous les 10 jours) pour ne pas induire une fatigue musculaire préjudiciable, tout en permettant le maintien des gains obtenus pendant la préparation.

Programme « Endurance » :

La faculté à soutenir des efforts de longues durées dépend de 2 éléments :

  • L’efficacité du transport de l’oxygène qui résulte de la performance du système cardio-vasculaire pour lequel l’électrostimulation n’a pas d’effet.
  • La capacité du muscle à « recycler » le carburant nécessaire à la contraction (ATP) au moyen de l’oxygène.

C’est sur ce deuxième point que l’électrostimulation permet d’agir en améliorant les principaux facteurs dont dépend la capacité du muscle à réaliser ce « recyclage » et donc à utiliser l’oxygène en grandes quantités (pourcentage de fibres lentes, nombre de capillaires sanguins, etc). Le régime de travail électro-induit est constitué par de très longues contractions restant très en dessous de la contraction maximale espacées de repos très brefs, avec bien entendu un très grand nombre de répétitions (>200).

Programme « Résistance » :

Ces programmes permettent d’améliorer la faculté à soutenir un effort sous-maximal pendant une durée de quelques dizaines de secondes à quelques minutes, ou à répéter des contractions musculaires réalisées avec un pourcentage élevé de la force maximale (certain parle d’endurance de la force). Ils améliorent la tolérance lactique du muscle.

Ces programmes imposent des contractions de puissance élevée, prolongées sur de longues durée et séparées par des repos partiel de courte durée. Il s’agit d’un régime de travail destiné à induire volontairement de la fatigue pour développer une meilleure résistance musculaire à la fatigue et à l’accumulation d’acide lactique.

Programmes « Force » :

Le développement de la force maximale nécessite chez le sportif entraîné, des fréquences élevées (jusqu’à 100 Hz). Malgré la courte durée des contractions, des fréquences aussi élevées peuvent être responsables d’une fatigue musculaire qui détériore très rapidement la qualité des contractions et donc nuit à l’efficacité de l’entraînement. Ceci est évité par des temps de repos très longs (environ 30 sec) et un nombre de cycles qui ne doit pas dépasser 40.

Parce que les mesures de force (ou du couple de force) sont relativement faciles à mettre en œuvre, ce sont les gains de force maximale obtenus par électrostimulation qui ont été le plus souvent mis en évidence par de très nombreux travaux de recherche scientifiques réalisés parmi différentes populations de sportifs (études Cometti pour natation, basket-ball, volley-ball, gymnastique, rugby, football, hockey sur glace…)

Programmes « Force Explosive » :

L’explosivité (ou vitesse de contraction) est définie par le délai qui est nécessaire à un muscle pour développer sa force maximale. Cette qualité qui est tout à fait déterminante pour une majorité de disciplines sportives (vitesse de course, détente, lancers et shoots…) peut se développer au moyen d’une électrostimulation qui utilise des fréquences supra-tétanisantes (104 Hz – 120 Hz). Encore davantage que pour les programmes « Force », la fatigue est limitée par l’utilisation de durée de contraction encore plus courtes (3 sec) et des repos plus longs, avec un nombre de cycles qui ne dépasse pas 30.

Malgré le fait que les séances d’électrostimulation soient réalisées en statique, toutes les études concordent pour démontrer que les gains de force se retrouvent pour les contractions dynamiques (avec mouvement) et même que les gains sont supérieurs pour les vitesses de contraction les plus élevées. Tableau récapitulatif des programmes de base pour la préparation physique

Endurance Résistance Force Explosivité
Puissance des contractions > Fréquence 10 > 18 Hz 50 > 70 Hz 75 > 100 Hz 104 > 120 Hz
Durée de chaque contraction 8 sec 7 sec 4 sec 3 sec
Durée du repos 2 sec 4 sec 30 sec 35 sec
Nombre de cycles 220 50 40 30

Programmes « Hypertrophie » :

La prise de volume ou de masse musculaire nécessite une gestion correcte des rations alimentaires et un régime de travail ou d’exercice particulier. La caractéristique principale des programmes « Hypertrophie » est d’associer à la fois des contractions puissantes et longues et un grand nombre de répétitions. C’est donc logiquement que la quantité totale de travail soit la plus élevée parmi tous les programmes d’électrostimulation avec les programmes destinés à augmenter le volume musculaire.

Comme pour l’entraînement volontaire, la prise de masse musculaire est un effet un peu plus long à obtenir que les autres, une étude de l’université de Dijon montre que les gains se produisent entre la 4ème et la 8ème semaine.

Planification des séances de Compex

Comme pour l’entraînement volontaire certaines règles de base doivent être respectées, pour obtenir les résultats optimaux.

Pour la récupération active, nous avons vu que ce programme est à utilisé au cours des 3 heures qui suivent l’arrêt de la compétition ou d’une séance d’entraînement intensive. Ces séances peuvent être utilisées à volonté, après chaque entraînement si nécessaire.

Pour les programmes visant à développer des qualités musculaires, il faut considérer que ce sont de véritables séances d’entraînement, et qu’il convient donc de les utiliser en tenant compte de la fatigue musculaire qu’ils induisent. Pour cela, il est recommandé :

  • De débuter l’entraînement Compex largement avant la compétition choisie comme objectif
  • De réaliser la dernière séance de Compex au minimum 4 jours avant la compétition
  • De faire 3 séances par semaine sur le même groupe musculaire
  • De faire les séances de Compex de préférence les jours sans entraînement ou après les séances d’entraînement les moins intensives.

Enfin, le nombre de fibres musculaires qui vont travailler lors d’une séance de Compex dépend de l’intensité du courant de stimulation qui est utilisé. Il est donc indispensable de monter les intensités le plus haut possible pour obtenir les progrès maximaux et ne pas se chatouiller comme on le voit souvent avec les stimulateurs gadgets du télé-achat !